Fathi Hadj-Henni, 27 ans, fondateur de la société Soliv’r, site de vente en ligne de produits issus du commerce solidaire, de Palestine en particulier.


savon Palestine

J’ai choisi de créer une société de vente en ligne pour exercer mon activité de commerce équitable, afin de m’affranchir des frais et des charges liés à la création d’une boutique physique, qui impose la location d’un local commercial. Ce choix est-il judicieux? Concentrer son activité sur la vente en ligne lorsque l’on fait du commerce équitable, est-ce une solution viable sur le long terme ?

Difficile de répondre à ces questions en tout début d’activité, mais il suffit de voir ce que sont devenues les grosses structures du monde équitable pour se faire une idée quant aux réponses que nous pouvons avancer.

Avant tout, il est important de rappeler qu’un site de vente en ligne, quel que soit le domaine d’activité, permet de toucher un grand nombre de personnes sans faire de “gros” efforts (financiers) pour communiquer (publicités, annonces, promotions…). Un bon référencement, de bons partenaires, un blog d’entreprise, une présence sur les réseaux sociaux, et un buzz peut se créer. Il ne reste alors qu’à transformer ces visiteurs en acheteurs grâce à une interface web conviviale et convaincante.

Deuxième avantage, le site de vente en ligne permet de vendre des produits moins chers que dans une boutique classique ; ce qui n’est pas négligeable lorsqu’il s’agit de produits équitables. Les coûts de fabrication sont élevés, les produits finis deviennent relativement chers avec un volume de vente moindre en comparaison avec un produit classique.

Troisième avantage, la boutique web permet de présenter les produits de manière détaillée et précise, avec la possibilité de réaliser des photos/vidéos reportages sur ces produits pour mettre en valeur ce qui fait leurs spécificités : l’origine du produit, les producteurs, les méthodes de fabrication ou les moyens de commercialisation.

Un commerce classique, quant à lui, offre l’énorme avantage de présenter les produits sous leurs meilleurs aspects, tant esthétiques (mise en valeur dans les rayons) que physiques. En effet, n’est-il pas agréable pour un client de pouvoir sentir, toucher, regarder des produits chargés d’histoire ? N’est-il pas agréable également pour un client de pouvoir discuter avec le vendeur sur l’origine du produit, des personnes qui le produisent ? N’est-il pas agréable enfin pour un client de se sentir transporté dans des pays lointains une fois le seuil de la porte franchi…

Bien entendu, tout cela à un coût, coût que l’autoentreprise ne permet tout simplement pas de supporter. La vitrine physique est le pont qui unit le producteur aux consommateurs, recréant ainsi la dimension humaine fondamentale du commerce équitable. La boutique en ligne, elle, rend possible un accès illimité aux produits de petits producteurs.

En définitive, l’alliance des deux est la meilleure façon de voir un tel projet s’inscrire dans l’avenir. Tel a été le choix des grandes enseignes du monde équitable comme Andines, Artisans du Monde ou Alter-Eco…

Crédit photo : Soliv’r – savons de Palestine

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